École française du début du XVIIe siècle, entourage de Danie - Lot 188

Lot n° 188
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Estimation :
6000 - 8000 EUR
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École française du début du XVIIe siècle, entourage de Danie - Lot 188
École française du début du XVIIe siècle, entourage de Daniel Dumonstier (Paris 1574-1646) Portrait présumé du poète François de Malherbe (1555-1628) Huile sur toile 56,5 x 45 cm. Au dos, inscriptions manuscrites au feutre noir, datant vraisemblablement du XXIe siècle, biffées : François de Malherbe (vers 1555-1628) Très rare effigie de ce grand poète français dont l’œuvre marque une étape décisive dans la constitution du classicisme littéraire. Sa physionomie nous est connue à la fois par un portrait peint, anonyme, conservé à Caen (Musée des Beaux-Arts, inv. OD.16), par un portrait de Daniel Dumonstier, gravé par Lucas Vosterman (1595-1675), publié dans l'édition originale des "Œuvres" (Paris, Chappelain, 1630), dont le dessin préparatoire de Vosterman est conservé à Chantilly (Musée Condé, inv. DE PD 539), ainsi que par un dessin de Nicolas Laigneau (collection privée, vente Rieunier - de Muizon, Hôtel Drouot, 7 décembre 2015, lot 46). Né à Caen, dans une France encore profondément marquée par les guerres de Religion, François de Malherbe (vers 1555-1628) évolue dans un contexte de réaffirmation de l’autorité monarchique et de recherche d’un ordre politique et culturel durable. Après une première carrière littéraire relativement discrète, il s’établit à Paris et entre au service d’Henri IV, puis de Louis XIII, devenant une figure reconnue de la vie intellectuelle de la cour. Son importance tient moins à l’abondance de sa production qu’à son rôle dans la réforme de la langue poétique. À la fin du XVIᵉ siècle, alors que la Pléiade, notamment Ronsard, avait privilégié l’enrichissement du français par l’imitation des modèles antiques et l’invention lexicale, Malherbe défend une poésie fondée sur la rigueur formelle, la précision du vocabulaire, la correction grammaticale et la maîtrise du rythme. Il soumet ainsi l’inspiration à un travail exigeant de composition et d’épuration stylistique. Cette conception, transmise notamment par son disciple Claude Favre de Vaugelas et relayée par la tradition critique, contribue à préparer l’idéal classique de clarté, de mesure et de régularité. Ses poèmes, parmi lesquels les Larmes de saint Pierre (1587), les odes politiques et les compositions funèbres, témoignent de cette recherche d’équilibre entre expression personnelle, éloquence et discipline formelle. Son célèbre hommage à Du Périer, composé après la mort de la fille de celui-ci, illustre sa capacité à inscrire la douleur individuelle dans une méditation morale et universelle. Bien que sa poésie demeure souvent liée aux circonstances de la vie de cour, son influence sur les générations suivantes, notamment sur Boileau, fut considérable. Malherbe apparaît ainsi moins comme un novateur thématique que comme un réformateur de l’écriture : en faisant de la langue poétique un instrument soumis à des règles précises, il contribue à établir les principes qui domineront la littérature française du XVIIᵉ siècle.
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