Adolphe YVON (Eschviller, 1817 – Paris, 1893) - Lot 0

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Adolphe YVON (Eschviller, 1817 – Paris, 1893) - Lot 0
Adolphe YVON (Eschviller, 1817 – Paris, 1893) Portrait de Madame Hermann-Joseph Reinach, née Julie Büding (1817-1893), 1863 Huile sur toile ovale, signée et datée au milieu à gauche. 65 x 54 cm Dans son cadre d’origine à vue ovale. Cadre : 84 x 73 cm. Provenance Collection de la famille Reinach. Ancienne vente Christie’s (d’après une étiquette conservée au revers). Expositions Selon l’étiquette visible à l’arrière : Tokyo, Exposition de peintres français, 1977, n° 31, reproduit p. 65 (sous une identification erronée du modèle). Note au catalogue Peint en 1863, ce portrait représente Julie Büding (1817-1893), épouse du banquier Hermann-Joseph Reinach et mère de Joseph, Salomon et Théodore Reinach. Longtemps identifié à tort comme un portrait de Madame Salomon Reinach, le modèle a pu être rétabli grâce à la chronologie familiale : en 1863, Salomon Reinach n’était âgé que de cinq ans. Il s’agit donc nécessairement de sa mère, alors âgée de quarante-six ans. Figure majeure du Second Empire, Adolphe Yvon fut l’un des portraitistes les plus recherchés de son temps. Apprécié de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, il mena parallèlement une carrière internationale qui le conduisit notamment en Angleterre, aux États-Unis et en Russie. Julie Reinach est représentée de profil, selon une formule alors particulièrement appréciée dans les milieux artistiques européens. La sobriété de la composition, le modelé délicat du visage et l’élégance de la coiffure inspirée de l’Antiquité confèrent à l’effigie une dimension intemporelle. Le traitement épuré du profil évoque les camées antiques autant que l’idéal néoclassique qui marque la production artistique du milieu du XIXe siècle. L’intérêt historique de ce portrait réside également dans l’identité de son modèle. Son fils cadet, Théodore Reinach (1860-1928), archéologue, historien et helléniste, fut le commanditaire de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer, remarquable reconstitution d’une demeure grecque antique réalisée entre 1902 et 1908. À travers son goût pour l’Antiquité et la noblesse sereine de sa représentation, ce portrait semble déjà annoncer l’univers intellectuel et esthétique dans lequel évoluera la famille Reinach au tournant du XXe siècle. Le revers conserve plusieurs inscriptions et étiquettes anciennes, dont une étiquette de la maison Christie’s, ainsi qu’une photographie de l’œuvre. Il témoigne également de la participation du tableau à l’Exposition de peintres français organisée à Tokyo en 1977.
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