Élément qannuta de collier dit al-haiathe, Nord du Maroc, pr - Lot 74

Lot 74
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Estimation :
600 - 800 EUR
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Élément qannuta de collier dit al-haiathe, Nord du Maroc, pr - Lot 74
Élément qannuta de collier dit al-haiathe, Nord du Maroc, probablement Tétouan, XVIIIe siècle Élément tubulaire en or à décor d’émaux polychromes cloisonnés dessinant des motifs végétaux à quatre feuilles lobées, une frise de petites sphères filigranées et ajourées sur chacun des côtés. S’ouvre aux deux extrémités, formant boîtier. H : 4,5 cm ; PB. 16 g Petits accidents à l’émail. Cet élément cylindrique, appelé qannuta de l’arabe qannût(a) / « portion de roseau prise entre deux nœuds » sans doute par analogie formelle, complétait une parure de cou aujourd’hui disparue. Le type de collier qu’il rythmait, généralement en alternance avec des boules d’or filigrané ou des chapelets de petites perles baroques de part et d’autre d’un pendentif central, reprend un prototype connu dans la joaillerie nasride des XIVe – XVe siècle comme en attestent le collier du trésor de Mondujar au Musée archéologique national de Madrid (51033) ou la parure démontée du Metropolitan Museum de New York (17.190.161a-j). L’immigration d’orfèvres juifs de l’Espagne vers l’Afrique du Nord, essentiellement au moment de la Reconquista, a permis ce transfert de modèles et de techniques, dont l’émail cloisonné et le filigrane. La forme tubulaire de ces perles se démontant comme un petit boîtier montre également une continuité culturelle, s’inscrivant dans la tradition des boîtiers talismaniques communs aux cultures juive, musulmane et mêmes à quelques civilisations antiques, qui jouaient un rôle protecteur grâce aux formules religieuses qu’ils renfermaient. Dans les parures nasrides puis marocaines, ce rôle prophylactique est abandonné, laissant place à une fonction purement ornementale. Peu d’exemples de qannuta émaillées nasrides ont survécu. Une pièce de la Hispanic Society of America à New York (R3402) est attribuée à un travail espagnol du premier quart du XVIe siècle et les qannuta du collier du MET précité sont attribuées à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Les pièces marocaines plus tardives comme celle-ci, qui montrent une vraie assimilation des techniques ancestrales, sont plus fréquentes. On pourrait citer une qannuta de l’Institut du Monde Arabe attribuée à Tétouan au XVIIIe siècle comme deux autres sur un collier encore complet du Victoria and Albert Museum de Londres (607:1, 2-1902). Bibliographie GONZALEZ, Valérie, Emaux d’al-Andalus et du Maghreb, Edisud, Aix-en-Provence : 1994, pp. 128, 129, 180, 189, 190. RABATE Marie-Rose, GOLDENBERG, André, Bijoux du Maroc, Edisud, Aix-en-Provence : 1999, p.212.
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