Alexandre von HUMBOLDT (1769-1859).

Lot 337
2 000 - 2 500 EUR
Résultat: 2 500 EUR

Alexandre von HUMBOLDT (1769-1859).

L.A.S., Teplitz 23 juillet 1838, [au libraire-éditeur parisien Casimir Gide] ; 4 pages in-8 remplies de sa petite écriture (petit trou) ; en français. Longue et belle lettre sur la politique européenne, sa santé et la préparation de ses livres ASIE CENTRALE, recherches sur les chaînes de montagnes et de climatologie comparée (Gide, 1843) et COSMOS, ESSAI D'UNE PHYSIQUE DU MONDE. « Dans le trouble où je me trouve ici avec mon Roi (il y a de réunis l'Empereur et l'Impératrice de Russie, l'Archiduc François et sa femme, la Princesse d'Orange, le Gr. Duc de Bade, Metternich, Nesselrode, une armée de généraux russes, autrichiens...) au milieu des promenades du matin ou de l'après dîner, des bals et spectacles (!) il me faut le peu d'énergie intellectuelle qui reste à un homme né l'an de grâce 1769, à demi fossile, pour vous écrire gravement sur mes propres intérêts. [...] Malgré l'apareil diplomatique que vous voyez ici, la paix du monde est très stable et l'insouciance des événemens futurs et possible si grande qu'il n'y a presque plus de courriers et qu'à notre plus grand préjudice les épreuves s'accumulent ». Le retard de la correction des épreuves n'est donc pas de sa faute : « j'ai toujours la ressource des nuits, ne tenant pas au "préjugé" du sommeil, je n'arrête jamais les épreuves ». Mais son travail n'est pas assez avancé pour lui renvoyer les premières feuilles. Il a été malade à Berlin et a même dû s'aliter, « ce qui ne m'arrive que tous les demi siècles ». Il est venu prendre les eaux, mais est un peu las. Ils partiront à la fin du mois pour aller célébrer « la fête du Roi dans la maison des palmiers à l'Ile des Paons ». Il espère ensuite venir à Paris pour quatre à cinq mois : « c'étoit un besoin d'intelligence et d'affection pour moi depuis des années ». Il y corrigera les épreuves des Fragmens asiatiques. Il s'occupera aussi de terminer pour Cotta son Cosmos, Essai d'une Physique du Monde « qui sous le rapport du style est ce que j'ai cru produire de plus animé », et qui lui rapportera 1.000 francs or. Il a besoin financièrement de ces publications... « Il y a donc, à mon âge et avec le suprême dégout que j'ai de la vie et de l'état du monde, un vif interet pour moi d'être libre de tout autre lien pour soigner cet ouvrage singulièrement allemand que je voudrois bien ne pas voir traduit en d'autres langues ». Il mettra le même soin aux deux ouvrages. Il recommande à Gide de garder son arrivée secrète, « quoique mon voyage n'ait cette fois-ci aucun but politique. Je viens par un besoin de coeur et d'esprit, pour vivre de nouveau quelque tems avec M. Arago, pour empêcher que ma stupidité ne fasse des progrès trop rapides, pour accélérer et faciliter votre impression des Fragmens et vous donner (après les Fragmens qui seront considérablement enrichis) de la copie pour l'Examen »... Il se réjouit de revivre « entre l'Institut, votre rue de Seine et la R. des Petits Augustins »... Puis il parle longuement de la correction de ses épreuves...
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