Charles Maurice de TALLEYRAND.

Lot 233
1 500 - 2 000 EUR
Résultat: 1 900 EUR

Charles Maurice de TALLEYRAND.

L.S., Paris 3 germinal XII (24 mars 1804), au général Lannes, ministre plénipotentiaire de la République française à Lisbonne ; 9 pages in-fol. en cahier lié d'un ruban bleu. Importantes instructions du ministre des Relations extérieures, trois jours après l'exécution du duc d'Enghien. Il annonce l'envoi de pièces relatives à l'« infame intrigue » découverte alors que « la France est toute préoccupée de l'horreur et de la consternation que lui a inspirée la tentative atroce des agens de l'Angleterre contre le premier Consul »... Talleyrand expose les fils de l'intrigue anglaise, évoquant tour à tour Georges, la traîtrise et l'hostilité dans des capitales européennes, le « manifeste du prétendant » [Louis XVIII], les lettres des princes français, « la proclamation du prince de Condé, le rassemblement des émigrés sur la frontière de France sous les ordres du Duc d'Enghien »... Il paraîtrait qu'un seul des princes, « le Duc d'Enghien, a prostitué le courage qu'il avait montré dans quelques occasions, au danger de suivre de plus près et de seconder l'accomplissement du crime, et à l'espérance d'en recueillir les fruits. Quoi qu'il en soit, il a été pris dans un rassemblement armé pour ainsi dire à la vue des forteresses françaises, et il a été jugé militairement »... En attendant que la police et les tribunaux révèlent à l'Europe l'étendue de cette conspiration, le Premier Consul juge à propos de donner d'avance « un grand éclat au complot accessoire tramé par la diplomatie anglaise », et caractérisé par le nom de M. Drake : ce sont ces pièces que Talleyrand envoie aux ambassadeurs et ministres de la République, en insistant sur la nécessaire conservation du Premier Consul, pour la tranquillité de la France, et donc de l'Europe. « Je n'ai pas besoin de faire aucune observation particulière sur l'impression que peut faire le sort mérité de la famille de Condé. La cour près laquelle vous résidez doit savoir si le premier Consul n'a pas été, dans toute sa belle et glorieuse carrière, animé par des sentimens de modération et de magnanimité : elle doit savoir que les intérêts de l'Etat sont au dessus de tout ; que l'humanité consiste aussi à prévenir, par une juste crainte, la répétition des tentatives coupables et des entreprises témeraires ; et quant aux rapports particuliers qui peuvent exciter des regrets, elle doit penser que des liens de parenté au-delà du 16e degré, et dont l'origine remonte à 274 ans, ne doivent pas faire hésiter son jugement sur l'appréciation d'une conduite coupable et qui tendait à compromettre le salut de la France et la paix du Continent »...
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