Nicolas DUCHEYRON (1770-1800) général.

Lot 86
1 500 - 2 000 €

Nicolas DUCHEYRON (1770-1800) général.

Manuscrit, Campagne de l'armée de Sambre et Meuse pendant l'an 4° de la Rép[ubliqu]e franç[ais]e ; depuis le commencement de Messidor jusqu'au 1er Vendémaire an 5 (10 juin au 22 septembre 1796) ; cahier de 35 ff. petit in-fol. Très intéressant récit des opérations de l'Armée de Sambre-et-Meuse en 1796, par un des adjoints de Jourdan, à l'intention de quelques proches, comme il l'explique à la fin du document. Cette belle copie a été faite vers 1800, et la relation de Ducheyron ne connut pas d'impression. Le Limousin Nicolas Ducheyron, né à Eymoutiers en 1770, avait commencé sa carrière militaire comme sergent de grenadiers au 2e bataillon de Volontaires de la Haute-Vienne en 1791. Il devint très vite aide-de-camp de son compatriote Jourdan (1762-1833), Limousin comme lui (le 11 juin 1793, avec le grade de lieutenant), et attacha désormais sa fortune à ce général : nommé adjudant général chef de brigade le 1er octobre 1793, il refusa la promotion au grade de brigade pour demeurer à l'état-major de Jourdan en 1795. Après la démission de ce dernier, il servit quand même sous Moreau, à l'Armée du Rhin, et fut tué par un boulet près de Salzbourg le 16 décembre 1800. Les opérations décrites dans ce texte sont parmi celles que l'on reprocha le plus à Jourdan : après avoir repoussé les Autrichiens, passé le Rhin et être entré en Bavière, le vainqueur de Fleurus tomba malade, abandonnant son commandement pour quelques jours. Quand il put le reprendre, ce fut pour subir la défaite de Würzbourg (3 septembre 1796), qui l'obligea à repasser le Rhin, et installer les troupes autrichiennes dans une position de force. Le général malheureux démissionna, et reprit ses activités de commerce, avant de reprendre du service en 1798-1799. Ducheyron commence par souligner les problèmes des sources : le pillage par l'ennemi du caisson de l'État-major général, qui contenait les rapports et les états de situation, ne permet pas de reconstituer exactement les mouvements des troupes. Les archives de Jourdan, avec la correspondance du gouvernement, avaient été emportées par le général dans sa retraite, si bien qu'elles étaient également inconsultables : à partir de sa mémoire des ordres et des rapports, l'auteur s'efforce donc de donner la meilleure idée de la campagne décrite. Après avoir indiqué la position des troupes ennemies, il décrit les mouvements d'attaque et d'encerclement ordonnés par Jourdan pour repousser l'armée de l'Archiduc Charles loin des frontières françaises. Les Autrichiens, refoulés en juin-juillet, se réfugièrent derrière Würzbourg, mais les Français ne poussèrent alors pas leur avantage. Les divisionnaires de Jourdan s'appelaient pourtant Bernadotte, Ney, Lefebvre, Championnet, Kleber, etc. C'est à ce dernier que Jourdan remit le commandement lorsque de violentes douleurs stomachales l'empêchèrent de poursuivre sa tâche : Kleber voulait diriger l'armée vers Ratisbonne pour opérer une jonction avec les troupes de Moreau, mais l'inaction calculée de ce dernier n'autorisera pas la manoeuvre. S'en suivra alors une série de revers face aux Autrichiens, même après la reprise du commandement par Jourdan : Amberg (24 août), puis Würzbourg (3 septembre). Ce qui forcera les Français à battre en retraite sans plan défini. Dans tous ces épisodes, Ducheyron ménage naturellement Jourdan, et reporte beaucoup de responsabilités sur les temporisations de Moreau, et sur les lieutenants du général.
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